Clôture du projet “Redevabilité à Madagascar : de la théorie à la pratique”

Allocutions de SEM Robert T. Yamate,

Ambassadeur des Etats-Unis

IKM Antsahavola Antananarivo

Mesdames et Messieurs,

Je me réjouis d’être parmi vous aujourd’hui pour clôturer ce projet “Redevabilité à Madagascar : de la théorie à la pratique”.   Le Secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson l’a dit, “une organisation fonctionne mieux lorsque tous ses membres adoptent la redevabilité.”  C’est dans ce sens que le gouvernement américain a appuyé ce projet que l’ECES, en tant que leader d’un consortium d’organisations de la société civile, a mis en œuvre pendant un an.

En effet, le Gouvernement Américain a soutenu ce projet dans le but de promouvoir un espace de dialogue entre les organisations locales de la société civile, les élus locaux ainsi que les autres autorités publiques locales. Le projet concernait cinq régions, mais nous espérons qu’il puisse servir de modèle à travers le pays pour une généralisation de la redevabilité et de la bonne gouvernance.

Les trois piliers – toko telo – de la redevabilité se basent sur l’engagement des autorités dans une pratique de gouvernance transparente et responsable; une société civile qui sait se faire entendre pour demander des comptes aux gouvernants, et une plus grande participation citoyenne dans la vie publique et même politique et dans la lutte contre la corruption.

Alors que le premier pilier dépend d’une volonté politique, la société civile, elle, peut se servir d’initiatives locales sur la redevabilité et la lutte contre la corruption pour non seulement se faire entendre, mais également pour engager le dialogue avec les autorités et la population.  Enfin, la clé du dernier pilier de la redevabilité est la sensibilisation de la population sur ses droits mais également sur ses intérêts en participant plus au processus politique et à la vie publique du pays.

Ce projet entre dans le cadre d’un programme plus large qui vise à améliorer la gouvernance à travers une redevabilité accrue, et qui fait la promotion d’une communication multipartite ainsi que la prévention et la résolution de conflit à Madagascar.

Les perturbations causées par les crises parmi les élites, la faiblesse des institutions ainsi que le manque de redevabilité mettent en danger les progrès que Madagascar a entrepris depuis son retour à l’ordre démocratique.

Lorsque nous pratiquons la redevabilité et la lutte contre la corruption, nous renforçons la stabilité, l’état de droit, les droits humains et la démocratie. Les priorités clés, telles que la lutte contre l’extrême pauvreté dans le pays, la protection de la biodiversité, la lutte contre le trafic illicite de bois précieux et de la faune, la promotion d’un climat des investissements stable ; tout cela dépend d’un gouvernement stable qui jouit de la confiance de ses électeurs.  Et cette confiance se construit essentiellement sur une base faite de transparence et de redevabilité.

“Redevabilité à Madagascar : de la théorie à la pratique”,

Le Gouvernement américain espère que le “SOSA”– Guide pour les citoyens sur la redevabilité – servira effectivement d’outil facile à utiliser pour mettre en pratique la redevabilité.

Nous saluons les initiatives de jeunes Malagasy qui visent justement à relever le défi de la redevabilité. Des initiatives locales, qui reflètent les réalités que vivent les jeunes Malagasy.  Des solutions locales qui répondent aux besoins locaux, mais qui peuvent également être reproduites et réadaptées dans d’autres régions.  Nous nous réjouissons de voir que grâce à ce projet, plus de jeunes Malagasy participent activement dans la vie publique et dans leur rôle de citoyens à part entière.

La clôture de ce projet marque la fin de la période théorique.  La clôture de ce projet marque le début de la mise en pratique d’une redevabilité accrue à tous les niveaux et par tous les acteurs de la société.  Nous continuons de partager l’objectif d’un Madagascar où règnent la redevabilité, la bonne gouvernance, la stabilité et l’état de droit pour qu’enfin la lutte contre l’extrême pauvreté dans le pays puisse aboutir.

Je vous remercie.