Allocution de SEM Robert Yamate

Célébration de la Journée Mondiale contre la Traite des Etres Humains

 

01 Août 2017

Gare Soarano – Antananarivo

Mesdames et messieurs.

Je remercie l’Organisation Internationale pour les Migrations – l’OIM – de m’avoir permis d’aborder avec vous aujourd’hui un thème très important pour le gouvernement américain : la Traite des Etres Humains.  En effet, la célébration de la Journée Mondiale contre la Traite des Etres Humains sert d’occasion pour évaluer les efforts entrepris et réfléchir à ce qui reste à entreprendre pour faire face à ce problème.  Et l’OIM contribue énormément à la sensibilisation sur la lutte contre cette forme d’esclavage moderne.

Tous les pays du monde souffrent de la Traite des Etres Humains.  Madagascar n’est pas une exception.  Bien que la traite ait plusieurs faces, à Madagascar, les victimes sont surtout des hommes, des femmes et des enfants sujets au travail forcé, ainsi que des femmes et des enfants victimes de trafic sexuel.

A Madagascar, l’OIM met en œuvre le projet de trois ans « Renforcement des capacités pour une coordination, une protection des victimes et des poursuites judiciaires des auteurs améliorées concernant la traite de personnes à Madagascar », avec un financement de $750,000 du gouvernement américain.

Je voudrais ici remercier l’OIM pour le soutien qu’elle a apporté au Gouvernement de Madagascar dans la création et la mise en œuvre des structures appropriées pour la lutte contre la Traite des Etres Humains, ainsi que pour son soutien au renforcement de capacité du gouvernement Malagasy afin de leur permettre de mieux faire face au problème. Parmi les structures mises en place, il y a notamment le Bureau National de Lutte contre la Traite des Etres Humains – le BNLTEH – mis sous tutelle de la Primature.

Les responsabilités du Gouvernement de Madagascar sont cruciales dans la lutte contre la traite des êtres humains, en particulier pour la mise en œuvre du Plan National de Lutte contre la Traite des Etres Humains ; un plan qui dure cinq ans.

il reste au gouvernement :

  • d’allouer les fonds nécessaires pour le fonctionnement du BNLTEH et pour les autres unités qui prennent en charge les victimes,
  • renforcer les efforts pour poursuivre et condamner les présumés auteurs de traite, dont les autorités prouvées complices, et
  • améliorer la collecte de données sur les efforts d’application de la loi : le nombre des victimes identifiées, le nombre des cas enquêtés et poursuivis, ainsi que le nombre des condamnations.

Mesdames et messieurs, la tâche est lourde, bien sûr, mais la volonté et la persévérance du gouvernement de Madagascar sont certainement là.

Je loue ici les actions gouvernementales dans le démantèlement d’un réseau suspecté d’avoir envoyé des travailleurs migrants dans les pays du Golfe en violation de l’interdiction d’envoi de travailleurs migrants, décidée par le gouvernement en 2013.

Mais la traite des êtres humains ne concerne pas uniquement la migration économique.  Elle concerne aussi les pires formes du travail des enfants, et parmi ces pires formes, il y a l’exploitation sexuelle des enfants, ainsi que l’exploitation des enfants en tant qu’aide à domicile.

Nous devons prendre les mesures nécessaires pour renforcer la poursuite aussi bien des facilitateurs et des consommateurs de la prostitution enfantine que de ceux qui exploitent les enfants en tant qu’aides domestiques.  Parmi ces mesures, l’on peut noter l’enquête des autorités suspectées de complicité dans la production de pièces d’identité falsifiées, utilisées dans l’exploitation sexuelle des enfants.  A travers ce programme – mis en œuvre par l’OIM – le gouvernement des Etats-Unis se tient aux côtés du gouvernement de Madagascar et du peuple Malagasy dans cette lutte contre la traite des êtres humains.

Avant de terminer, je voudrais saluer aujourd’hui le courage des photographes M. Mat Li et Mme Heidi Yanulis qui, par leurs œuvres, ont mis en exergue les victimes de traite de personnes, se mettant ainsi à risque face aux éventuelles représailles des réseaux criminels engagés dans la traite.  Vos œuvres valorisent la dignité retrouvée des victimes grâce à leur réintégration économique et sociale, soulignant ainsi leur rôle en tant qu’acteurs à part entière du développement économique du pays.

Je aimerais noter une mention spéciale à propos d’Heidi Yanulis, la photojournaliste américaine. Elle a quitté son confort newyorkais en 2013 pour fixer son objectif sur les scènes de vie quotidienne dans les zones rurales de Madagascar. Et c’est tout naturellement qu’elle a accompagné en décembre 2016 Nicholas Kristof, journaliste du New York Times, lauréat du Prix Pulitzer, lors de son reportage dans le Grand Sud de Madagascar, ravagé par la sécheresse. Heidi, votre contribution pour donner la parole aux sans voix Malagasy à travers vos œuvres photographiques est fortement appréciée.

Mesdames et Messieurs, je vous remercie.