Allocution de M. Stuart Wilson, Charge D’Affaires de l’Ambassade des Etats-Unis « JAZZ BRUNCH »

 – ANTANANARIVO – 28 juillet 2018

Mesdames et Messieurs,

Je tiens d’abord à vous remercier pour votre patience depuis le mois d’Avril.  Nous aurions voulu célébrer avec vous le Mois d’appréciation du Jazz comme chaque année au mois d’avril, mais les récents événements ne nous ont pas permis de le faire au moment voulu.  Néanmoins, que cela soit en avril ou au mois de juillet, chaque occasion est opportune pour apprécier le jazz, et surtout pour échanger sur nos valeurs culturelles communes.  Alors, aujourd’hui, nous garderons ce même esprit, avec un peu plus de froid dans la température mais la même chaleur dans nos cœurs.

Dans ce même esprit d’échanges, le Département d’Etat a, dès 1959, défini la diplomatie culturelle comme « la relation directe et pérenne entre peuples de différentes nations. »   Dans ce sens, la liberté du jazz l’a rendu « l’équivalent artistique du système politique américain, » en servant de vitrine de l’art américain, mais également un symbole des valeurs que nous chérissons.  Cet art, cette valeur, les Etats-Unis les ont partagés avec Madagascar depuis au moins un siècle.

En effet, l’artiste que nous célébrons ce jour —  « Andy Razaf », de son vrai nom Andriamanantena Paul Razafinkarefo — né en 1895 de la famille royale de l’époque, est avant tout un enfant Malagasy avant d’être le célèbre jazzman qu’il est devenu.  Il est sûrement le premier Ambassadeur des échanges culturels entre Madagascar et les Etats-Unis.

D’un talent exceptionnel, Andy Razaf a fait de ses œuvres des standards internationaux du jazz.  Qui des férus de jazz ou juste de bonne musique ne connait pas « In the Mood » qu’il a composé avec Joe Garland ; ou « Honeysuckle Moon », interprétée par plusieurs grosses pointures du jazz – Duke Ellington, Ella Fitzgerald, Nat King Cole, Stan Getz  et bien d’autres ;  ou encore, « Ain’t Misbehavin’ » interprété par le grand Louis Armstrong ?

Tout ceci nous prouve que la musique jazz en particulier est un langage universel.  Elle contribue à tisser des liens et à bâtir les ponts entre les peuples.

Et en parlant d’échanges culturels entre nos deux pays, permettez-moi de vous parler du programme OneBeat, qui est un programme d’échange musical international célébrant la collaboration musicale et l’engagement social à travers une diplomatie innovante de rapprochement des peuples, ou « people-to-people diplomacy ».  OneBeat est une initiative du Département d’Etat avec l’organisation musicale Found Sound Nation de New York.  Elle rassemble des leaders musicaux en herbe du monde entier, âgés de 19 à 35 ans, afin de collaborer dans la création d’une œuvre originale tout en développant un réseau mondial d’initiatives musicales d’engagement civique.

Pour la première fois depuis sept ans, Madagascar sera représenté à ce programme.  Pendant quatre semaines, Tsanta Randriamihajasoa sera aux côtés d’autres musiciens du monde entier pour faire parler leurs diversités de traditions et chercher ensemble leur terrain d’entente, créer de nouvelles combinaisons musicales, pousser les frontières de la technologie musicale…bref, travailler ensemble pour trouver de nouvelles manières de penser la musique afin de bâtir ensemble une communauté en bonne santé et prospère pour un monde en paix.

A 20 ans, Tsanta est un multiinstrumentiste au talent exceptionnel.  Du jazz à la musique traditionnelle, son style musical est large.  Connu pour sa maîtrise des instruments à vent et du piano, il est non moins maître du valiha.  Son dévouement à unifier le peuple Malagasy et à préserver la riche culture Malagasy à travers la musique lui a valu sa sélection à ce programme OneBeat.  Tsanta sera incontestablement un excellent ambassadeur de la culture Malagasy à ce programme.  Nous espérons qu’il reviendra de ce programme plus enrichi encore.  Félicitations, Tsanta !

Tout ceci n’a pu se concrétiser sans le leadership, le dévouement et le professionnalisme de notre Conseillère Culturelle Denise Jobin Welch, qui arrive au terme de son mandat.  Je tiens à vous partager aujourd’hui ma profonde reconnaissance pour tout le travail que Denise a effectué pour renforcer notre coopération culturelle pendant ces quatre dernières années.  Comme ce « Jazz brunch » est la dernière œuvre de Denise avant son départ, nous lui disons merci et bon vent.

Le temps de cette journée, renforçons nos liens d’amitié au rythme des œuvres d’Andy Razaf, jouées par le Quintet Njaka Rakotonirainy.

Maintenant, place à la musique.